Suivi de trésorerie en tpe : vital

IndicateursFinanciers

Par Joël-Henry GROSSARD consultant spécialiste des entreprises en difficulté.

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Dans les petites et les très petites entreprises, le suivi de trésorerie de l’entreprise est souvent effectué à partir du solde du ou des comptes bancaires à une date donnée et de la prise en compte des règlements à recevoir et des paiements à effectuer sur la période considérée, la semaine, la décade, la quinzaine ou le mois.

Ce suivi est rarement complété par un prévisionnel de trésorerie à plus long terme.

Le but de ce suivi de trésorerie est d’effectuer les opérations d’encaissements et de décaissements, à bonne date et de contrôler que la trésorerie disponible (solde en banque, facilités, escompte, découvert) permet d’effectuer les décaissements prévus ou, au besoin, de les décaler en les positionnant à une date ultérieure où ils pourront être effectués.

Ce suivi de trésorerie est souvent complété par des opérations de rapprochement entre le solde à la banque et le solde dans l’entreprise, effectuées le plus souvent par la personne chargée de la comptabilité, s’il existe une telle fonction en interne, ou par le collaborateur de la société d’expertise comptable chargé du dossier :

  • Dans le premier cas – intervention du collaborateur interne – le dirigeant est parfois destinataire du rapprochement, qui lui fournit alors une information précise sur sa situation de trésorerie, même si cette information est statique.
  • Dans le second, traitement par le cabinet comptable, le dirigeant n’est jamais concerné, le contrôle se faisant largement a posteriori des opérations.

D’une manière générale, ces suivis de trésorerie sont volatils (ils ne sont utilisés que pour leur application immédiate) et sans mémoire (il n’y a pas d’information accumulée sur la trésorerie de l’entreprise, tout au plus peut-il y avoir comparaison, pour des besoins de contrôle entre le dernier suivi et le précédent).

Ils sont faits sous forme papier, et s’ils sont réalisés sur tableur, les informations ne sont en général pas conservées pour un usage ultérieur.

La plupart du temps, les trésoreries des PE/TPE sont tendues, ce qui nécessite régulièrement des reports en avant de règlements et une gestion expédiant les règlements des retards les plus criants au détriment des règlements à échéance.

Le dirigeant n’a aucune visibilité, il agit-réagit, parant au plus pressé.

Dans certains cas, le dirigeant constitue, pour gérer l’incertitude liée aux encaissements, un stock de trésorerie suffisant pour amortir les variations de trésorerie. Cette politique prudente est parfois combinée avec le report systématique de certains règlements, l’entreprise se privant – avec un cash en caisse largement suffisant – de la faculté d’obtenir les produits financiers tel que l’escompte pour paiement comptant, en payant même parfois des pénalités de retard.

Cette réaction est normale et compréhensible de la part du dirigeant qui, n’ayant aucune visibilité sur sa trésorerie prévisionnelle, préfère « acheter » la sécurité en constituant un encours de protection de sa trésorerie important et non rémunéré.

En fait, ce faisant, ce dirigeant perd de l’argent.

Que voit-on dans les entreprises plus importantes ?

A partir d’un certain niveau de chiffre d’affaires (50 à 100 M€), il devient rentable de charger un trésorier de gérer la trésorerie courante et la trésorerie prévisionnelle.

Ces trésoriers utilisent des logiciels dédiés, reliés directement à leurs comptes bancaires, leur permettant de suivre la trésorerie de l’entreprise au jour le jour et d’arbitrer au mieux leurs positions de trésorerie actuelle et future, sur la base de prévisionnels.

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Joël-Henry GROSSARD

Est-ce que cela veut dire que la PE/TPE est exclue de ce type de suivi de trésorerie ? La réponse est NON !

Gérer sa trésorerie au mieux est vital pour toutes les entreprises, surtout les PE/TPE, car, si les entreprises ne meurent pas de faire des pertes, elles disparaissent quand elles ne sont plus capables durablement de faire face à leurs engagements avec leurs ressources : c’est l’état de cessation des paiements que doit redouter tout dirigeant, synonyme de dépôt de bilan.

On ne gère pas au jour le jour son entreprise sur la base des informations comptables : tous les chefs d’entreprise le savent, l’information comptable est datée (elle est disponible plusieurs semaines, voire plusieurs mois plus tard), elle est biaisée (par des règles comptables, sociales et fiscales certes nécessaires mais déformant la réalité), et elle est obscure et incompréhensible pour la plupart d’entre eux.

Des concepts comme le Besoin en Fonds de Roulement d’Exploitation sont parfois utilisés pour prendre des décisions de gestion : investissement, financement. Ils sont aussi réducteurs et arbitraires et aussi peu descriptifs de la réalité que la notion de moyenne pour décrire une suite de données.

La seule information digne d’intérêt est la conséquence pour la trésorerie de l’entreprise des décisions prises. La seule manière de mesurer l’impact de ces décisions est de simuler de la façon la plus réaliste possible, ces conséquences sur la trésorerie de l’entreprise permettant une vision dynamique de la trésorerie.

TrésorerieComment une PE/TPE peut-elle gérer sa trésorerie quotidienne de façon dynamique ?

J’ai conçu un « logiciel » de suivi de trésorerie et plus précisément de gestion quotidienne de la trésorerie à la destination des PE/TPE. Pour le rendre accessible à tous, il est réalisé avec l’aide de RC&A Consulting, spécialiste de la gestion et de l’organisation, sous la forme d’un tableur Excel et s’appelle TurboTréso.

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